Le Temps Pascal
Les rues se sont un peu vidées lors de ces vacances de Pâques signe d’un peu de respiration pour tout le monde !
Beaucoup d’énergies sont investies dans la préparation du Carême, de la Semaine sainte et du Triduum pascal. Il nous arrive, cependant, comme équipes de liturgie, prêtres et assemblées d’arriver au matin de Pâques sur les rotules. Cet épuisement nous fait parfois oublier qu’il nous reste cinquante jours à fêter. Pourtant, quelle chance !
Dans une société où tout est en accéléré, même en Église, il peut sembler étrange qu’une fête dure cinquante jours. Pourtant, « Les cinquante jours à partir du dimanche de la résurrection jusqu’à celui de la Pentecôte sont célébrés dans la joie et l’exultation, comme si c’était un jour de fête unique, ou mieux, “un grand dimanche” ».
Il faut donc éviter de parler de dimanches après Pâques. Il s’agit plutôt de dimanches de Pâques. Nous sommes invités à reconnaître les solennités de l’Ascension et de la Pentecôte non pas comme des fêtes distinctes des grandes célébrations pascales, mais faisant partie intégrante de la cinquantaine pascale.
De nos jours, le temps pascal se développe ainsi. Dans la liturgie de la Parole, deux livres tiennent une place prépondérante : les Actes des Apôtres – les dimanches et en semaine – et l’Évangile de Jean. La lecture des Actes remplace celle de l’Ancien testament et manifeste la continuité de l’histoire du salut en racontant les origines des premières communautés chrétiennes, le nouveau peuple de Dieu. Pendant tout le temps pascal, les lectures sont unifiées par le message qu’elles annoncent : Jésus Christ, le Seigneur, est mort et ressuscité pour sauver le monde. Elles exposent l’essentiel, le cœur de la foi.
La liturgie du temps pascal nous conduit à l’engagement missionnaire à la suite des disciples : nous sommes invités, avec eux, à faire l’expérience du ressuscité, à franchir avec eux nos peurs et nos angoisses pour ensuite partir en mission comme ils l’ont fait au jour de la Pentecôte.
Le temps n’est pas seulement celui des saisons ou des cycles lunaires, c’est celui de l’histoire humaine dans laquelle Dieu a fait irruption. De cette histoire, Pâques est le centre. De dimanche en dimanche, nous faisons mémoire de la mort et de la résurrection du Christ. Chaque dimanche nous amène progressivement à approfondir, à partir de Pâques, le mystère toujours actuel de l’action de Dieu dans le monde.
Alors bon temps Pascal!
Père Edouard le Conte, curé de l’ensemble paroissial de St Pothin – Immaculée Conception
source : Service National de la Pastorale Liturgique et Sacramentelle


