J’aurais aimé rencontrer Pierre

Oui, j’aurais aimé le rencontrer quand il suivait le Christ sur les routes de Galilée et aussi quand, arrivé à la fin de sa vie, il était à Rome. A cette époque, il écrivait sa première lettre et St Marc recueillait ses souvenirs pour écrire son évangile. Quel changement entre ces deux périodes ! Ecoutons-le nous parler dans sa lettre : « Prenez l’humilité comme tenue de service » (1 P 5, 5). Ce conseil ne va pas de soi dans la bouche de Pierre : jamais il ne nous l’aurait donné quand le Christ était encore en vie : par orgueil, il promettait alors d’aller jusqu’à la mort pour son maître, ce qui a conduit les disciples à faire de même (Mc 14, 29-31). Finalement, tous trahiront.

A Rome, dans sa lettre, c’est le même Pierre qui invite les chrétiens à l’humilité. D’où vient ce changement ? Pierre a simplement pris conscience de ses faiblesses et les a accueillies ; il s’est accueilli dans son manque de foi, dans ses peurs, dans ses lâchetés. En témoigne l’Evangile de Marc qui est celui qui met le plus en avant les péchés de Pierre, sûrement parce que l’évangéliste l’a entendu de sa bouche. Il n’avait pas peur de se reconnaître petit parce qu’il avait compris que ses fragilités l’ouvraient à faire confiance en Dieu. Comme le jour où il coulait, il a dit : « Seigneur, sauve-moi » (Mt 14, 30). Et le Seigneur a enfin pu emplir le cœur de Pierre de ses bienfaits car cet homme avait désormais une vraie soif de Dieu.

J’aurais aimé rencontrer Pierre à Rome et voir sa douce humilité. Une humilité qui ne le faisait pas raser les murs mais lui donnait une assurance provenant de Dieu. Ecoutons encore Pierre donner un conseil qui repose sur son expérience : « Après que vous aurez souffert un peu de temps, [Dieu] vous rétablira lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlable » (1 P 5, 10).

Pierre, pilier de l’Eglise, nous venons te prendre pour modèle. Nous sommes désemparés face à cette épidémie. Nous avons peur pour nous, pour nos proches, nous nous sentons si souvent seuls, nous avons du mal à voir la présence du Seigneur, à nous ouvrir à ceux qui souffrent plus que nous. Nous t’en prions, aide-nous à imiter ton exemple, à nous ouvrir au Seigneur, à lui faire confiance.

Olivier de Petiville