Un carême Olympique :

Le carême est sans doute le temps liturgique le moins attrayant et qui procure pourtant le plus de fruits. Si vous en doutez, regardez la joie de ceux qui deviennent chrétiens la nuit de Pâques ! Mais il s’agit de se poser la question pour soi. Qu’en est-il pour moi ?Nous confessons bien souvent que le carême est passé trop vite, et que … bien des choses ont été oubliées … et pourtant. Dieu aime nous surprendre.

Il est vrai que nous entrons dans le carême « par du dur » diraient les sportifs : une journée de jeûne ! Pas très attrayant mais l’oraison du début de la messe des cendres donne la tonalité : « Accorde-nous Seigneur, de savoir commencer saintement par le jeûne l’entraînement au combat spirituel : que nos privations nous rendent plus forts pour lutter contre l’esprit du mal ».

Il s’agit d’un entraînement, pas aux jeux olympiques car beaucoup d’entre nous seraient déjà disqualifiés mais d’un entraînement spirituel. Ce n’est pas bête, si nous voulons vivre vraiment la fête de Pâques, qui est quand même la plus grande fête des chrétiens, il faut nous y préparer. L’Avent n’a qu’à bien se tenir, aujourd’hui nous entrons dans « du dur » : le carême.

Mercredi, nous avons signifié publiquement un choix : oui, nous voulons nous préparer à Pâques. La marque était sur notre front ! Un entraînement demande des exercices. L’évangile de la liturgie des cendres, non seulement nous les donne mais précise comment ils doivent être vécus. Comme un entraînement olympique, on doit toujours y revenir, mais différemment d’un entraînement olympique ils sont pour tout âge : celle de la conversion.

C’est comme si l’Église entrait dans une grande retraite en invitant ses membres à vivre cet entraînement avec audace, sans se fixer des objectifs inatteignables (qui ne servirait d’ailleurs qu’à se décourager). C’est le Rubik’scube du carême : faire jouer les couleurs du jeûne, de l’aumône et de la prière. L’un ne va pas sans l’autre. Quelquefois, il faut s’y prendre à plusieurs reprises, se faire aider, et s’entraîner.

La fête de Pâques est un temps de libération qui ne va pas sans épreuve si l’on croit nos aînés (je parle du Peuple de Dieu de Noé, en passant par Moïse, Elie qui monte sur la montagne de Sinaï … ). Dans tout cette histoire Sainte, il y a Dieu qui vient à la rencontre de l’homme. Il le fera pleinement lorsque Jésus sera poussé au désert par l’Esprit-Saint pour d’ailleurs y être tenté par le Diable. Un verbe (tenter) et un nom (diable)…Ah ! deux mots peu exaltants. Pourtant, Jésus passe devant en ce premier dimanche de carême. Il nous ouvre la voie de l’amitié à consolider, fortifier, purifier avec Dieu.

Mais là est la surprise que Dieu peut nous réserver.

Quelquefois le lieu de conversion est ailleurs, différent de celui que nous imaginions. En fin de carême nouspourrons peut-être nous dire que ce que nous nous étions fixés n’a peut-être pas abouti mais autre chose s’est révélé dans l’amitié avec Dieu. Un lieu obscur de notre cœur à passer sous le regard de Dieu.

Bon carême OlympiquePère Edouard le Conte,curé de l’ensemble paroissial St Pothin – Immaculée Conception