Monter en bas …

 

Cette expression paradoxale dit bien le mystère de Noël : Il s’agit bien de monter vers une réalité qui nous dépasse infiniment, d’élever notre cœur … Pour regarder tout en bas un bébé qui babille dans la crèche !

 

Cette expression paradoxale dit bien aussi ce que nous ne cessons de vivre en cette année 2020 : tout sauf ce que nous avions prévu …

Nous avions monté divers projets et nous nous sommes retrouvés « à terre » …

Qui aurait dit il y a un an que nous aurions vécu cette année qui vient de s’écouler ?

Nous voici à terre : atterrés ou plus humains ?  C’est là le défi de chacune de nos journées …

Etre humain, c’est être dans « l’humus », plus humble, plus proche des cœurs qui souffrent …

Atterrés, c’est se désespérer, perdre confiance, se replier sur ses seules forces …

 

Le virus qui circule nous apprend à lâcher prise : certains ont été malades alors qu’il étaient très vigilants ; d’autres, peut-être moins prudents, ne l’ont pas été ; au final, nous apprenons que nous ne sommes pas les maîtres absolus de la conduite de nos existences …

Nous apprenons aussi à ne pas nous juger de manière trop légère : il est si facile de tourner en dérision celui dont le parcours ou l’avis est différent du notre ; la réalité est toujours autrement plus complexe …

Dans le concert des prises de position, il manque souvent de la nuance, au risque d’un durcissement des uns ou des autres …

 

L’année 2020 aura été celle d’une invitation à un plus grand abandon …

En ce quatrième dimanche de l’Avent, nous entendons la Vierge Marie dire : « Je suis la servante du Seigneur … » ; en cela elle est profondément humble et donc humaine ; se demandant tout simplement « Comment cela se fera-t-il puisque je ne connais pas d’homme ? » ; elle s’abandonne entre les mains de Dieu pour recevoir la réponse à sa question …

 

Nous terminons nous aussi cette année en nous demandant ce qu’il en sera de la suite : c’est « en bas » que nous trouverons la réponse, en étant davantage humains, plus proches des souffrances de nos frères et sœurs, plus attentifs et plus patients, davantage remplis d’espérance et d’écoute, sachant rendre grâce pour toutes les petites merveilles quotidiennes …

 

Le « Très-haut » s’est fait « Très-bas », plus bas encore, véritablement homme ; en cela il est véritablement Dieu ! Car Lui seul est capable de « monter en bas », de s’approcher ainsi de nous, de nos fragilités et de nos souffrances, d’être pour nous « l’Emmanuel », Dieu avec nous !

Et si nous désirions lui ressembler ?

 

                                                                       Très joyeux Noël !

 

                                     Père Patrice Guerre, curé de l’ensemble paroissial Saint-Pothin Immaculée Conception