Heureux les invités au festin des noces de l’Agneau

 

 

L’évangile de ce dimanche nous parle d’un repas de noces, image du Royaume des cieux.

Comment ne pas compatir avec les futurs mariés et leurs familles en ces jours de pandémie où les mariages sont soit reportés soit célébrés dans un cercle réduit au minimum ?

La première lecture de ce dimanche est un passage du prophète Isaïe où se dévoile la fin des temps. L’humanité enfin unie et pacifiée s’assoit autour d’une même table et partage un bon repas.

Peut-être avez-vous vu ce film déjà ancien : le Festin de Babeth.  Babeth, une française émigrée au Danemark offre à la communauté luthérienne locale un repas de fête et l’on découvre alors qu’elle a été la cuisinière en chef d’un restaurant renommé de Paris. Le festin, par sa finesse, réconcilie les membres de la communauté, déchirée entre les rivalités et les conflits. Ce repas est comme un message de grâce divine après tant d’années où les choix de chacun les ont, pensent-ils, conduits à des impasses Il réconcilie ainsi les convives avec leur vie et guérit leur regret d’être passés à côté d’un grand amour. L’un d’eux aura le mot de la fin : « j’ai compris ce soir que tout était possible ! »

 C’est à un tel festin que nous convie Isaïe. Certes, il ne cherche pas à décrire de façon réaliste ce qui se passera concrètement. Il veut nous dire : finies les guerres, les souffrances, les injustices, tous les peuples seront à la fête. C’est Dieu qui l’a promis, nous dit Isaïe. Et les promesses du salut ne sont en effet pas réservés au seul peuple d’Israël : le festin préparé sur la montagne est pour tous les peuples.

L’évangile selon saint Matthieu juxtapose deux festins qui se suivent mais ne se ressemblent pas.

« Un roi célébra les noces de son fils » : ce roi, c’est Dieu lui-même et il s’agit donc de l’Alliance entre Dieu et l’humanité, alliance qui s’accomplit en Jésus-Christ. Image d’un amour conjugal et cet amour s’étend à tous les hommes, les mauvais comme les bons. Le refus de certains de se rendre à l’invitation ne fait pas obstacle au projet de Dieu qui s’élargit à nous tous, qui que nous soyons.

Participer au festin suppose de porter le vêtement de noce. La multitude qui entre dans la salle du festin des noces a donc revêtu la robe nuptiale, celle de la gratitude envers Dieu, celle du baptême. La grâce de Dieu, comme le signifie le mot « grâce », est « gratuite ».  La robe de noce qu’il nous faut porter n’est pas celle de nos mérites supposés mais c’est revêtir le Christ lui-même, compassion de Dieu pour nous.