« Vivre libre en enfant de Dieu »

Tout parent sait qu’un enfant a besoin d’un cadre pour grandir. Toute société suppose l’adoption de lois pour vivre ensemble et donner à chacun la possibilité de se développer dans le respect d’autrui. Il n’en est pas différemment de l’Eglise dont les règles sont essentielles à l’expression de l’amour de Dieu et de la foi de chacun.

Il ne s’agit donc pas d’imaginer vivre sans loi, comme nous le rappelle Jésus dans l’Evangile de ce dimanche. Mais nous pouvons reconnaître que la loi peut être sclérosante quand elle empêche l’homme de s’engager et de s’épanouir dans le respect des droits et de la liberté de chacun, que la loi peut être infantilisante lorsque notre vie se limite à l’appliquer sans le discernement du cœur et de l’esprit, que la loi peut être culpabilisante lorsqu’elle nous pousse à juger à l’emporte-pièce une personne qui chemine en dehors des règles, sans égard à ce que peut être son parcours de vie, ce qui peut la toucher ou la blesser.

Oui Jésus-Christ n’est pas venu abolir la loi mais il nous libère définitivement de ce que la loi peut avoir de négatif en nous donnant pour règle première : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ».  C’est en ajustant notre conscience à l’amour de Dieu et à l’amour de nos frères, en nous mettant au service les uns des autres, que nous accomplissons la Loi de Dieu et que nous sommes libres ! (cf Gal 5, 13-14). Ne nous y trompons pas, vivre ainsi est d’une exigence supérieure à tous les codes du monde, comme en témoigne l’Evangile de ce jour ! Elle réclame une vigilance de chaque instant pour vivre au quotidien en conformité avec l’amour de Dieu, en conformité avec l’espérance que donne la foi. Mais c’est la voie de la Liberté sur laquelle le Christ nous appelle et nous guide.

Alors que nous accueillons les fiancés qui se préparent au sein de notre communauté, le mariage illustre particulièrement cette liberté que nous donne le Christ. Face aux aléas, aux imprévus et aux difficultés de la vie, dans une société qui magnifie l’individualisme et le plaisir de soi comme vertu, ce qui permet à un couple de grandir et de s’épanouir dans l’amour et la fidélité, ce sont l’écoute, la confiance, la patience, le pardon, la tendresse, le respect et l’attention des époux l’un pour l’autre, qui naissent de leurs cœurs tournés vers Dieu. « Que votre oui soit un oui », nous dit Jésus-Christ ; dans les consentements échangés par les époux, nous découvrons cet espace de liberté où l’amour conjugal se déploie fortifié par la présence du Christ.

Oui, chacun de nous est invité à se laisser transformer en profondeur par Jésus-Christ pour agir en toute chose avec une conscience ajustée à la volonté de Dieu, pour aimer sans vouloir posséder, servir sans attendre de retour, accueillir sans juger celles et ceux qui se tiennent au seuil de l’Eglise. Prions les uns pour les autres afin que chacun grandisse ainsi dans l’amour du Christ et le service des frères pour vivre libre en enfant bien aimé du Père.

 

Frédéric Subra