Dimanche 15 décembre 2019

Prenez patience, vous aussi, et tenez ferme car la venue du Seigneur est proche. Jc 5.

 

La patience. Ce sera l’un des thèmes clés de la seconde lecture de ce troisième dimanche de l’Avent. La patience, certainement l’une des vertus les plus difficiles pour nous autres, humains, surtout de nos jours…

Saint Jacques prend exemple de la patience du cultivateur : « Voyez le cultivateur : il attend les fruits précieux de la terre avec patience, jusqu’à ce qu’il ait fait la récolte précoce et la récolte tardive. » Comment ne pas voir en ce cultivateur le Seigneur lui-même. Le Seigneur qui patiente envers nous tous, que nous soyons en train de nous convertir ou bien encore « un peu loin. » Dieu prend patience car il veut que tous soient sauvés. Dieu espère en nous, il espère que nous lui laisserons une chance pour se manifester à nous. Il espère, qu’en ce temps de Noël, nous serons touchés par la mémoire d’un bébé né dans une grotte il y a 2000 ans. Il espère que nous serons touchés par une prise de conscience renouvelée, par une foi renouvelée, que cet enfant n’est autre que Dieu lui-même venu nous rejoindre, Jésus c’est-à-dire Dieu sauve.

La patience de Dieu dans la Bible n’est jamais faiblesse mais appel à la conversion, la patience de Dieu se transforme ainsi en miséricorde et tendresse et nous révèle ce visage de Dieu comme un Père aimant, confiant en ses enfants, en nous.

Jésus, lors de son ministère, ne nous dévoilera rien d’autre. Jésus fera des appels vibrants, virulents à la conversion. Il tentera d’éveiller les cœurs, de remuer les cœurs trop confiants et installés, voir vautrés dans le matérialisme. Il pleurera devant la dureté de Jérusalem, mais il ira jusqu’au bout. Cet enfant venu sur terre a choisi de toute éternité de s’offrir pour tous.

Cette patience de Dieu évoquée, nous pouvons aborder la patience à laquelle le croyant est appelée. Nous sommes appelés à la patience-persévérance dans les épreuves et la souffrance. Cela implique une foi-confiance que cette patience portera son fruit. Le grain doit tomber en terre et mourir pour porter du fruit. Cette communion avec la croix du Seigneur nous donne l’assurance de notre propre résurrection, le jour où le Seigneur nous appellera avec lui. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime. La théorie est belle parfois il nous faut passer à la pratique…

Cette patience nous devons la déployer aussi avec nos frères et sœurs. Le chrétien ne doit pas être une créature éthérée qui se réfugierait dans l’attente de l’au-delà. Notre patience est intimement liée à l’amour, à l’imitation de Jésus Christ. Nous sommes appelés à imiter le Christ avec ses apôtres et tous ses interlocuteurs ! Devenons, nous aussi, « doux et humble de cœur. »

Que le Seigneur ne cesse de nous guider et de nous relever sur ce chemin où nous ne cessons jamais de trébucher, de peiner. Qu’il nous y relance dans la joie de Noël !

Abbé Pierre-François Emourgeon. Vicaire de l’ensemble paroissial Saint Pothin – Immaculée Conception.